vendredi 30 octobre 2020

Mali: au moins 12 militaires et 12 civils tués dans deux attaques successives dans le centre du pays

Au moins 12 militaires maliens ont été tués dans deux attaques successives dans le centre du Mali, près de la frontière burkinabé, a annoncé l’armée, mardi, dans un communiqué. Douze civils, dont deux femmes et un enfant, ont également péri.

Un camp militaire à Sokoura, dans le cercle de Bankass, au centre du Mali, « a fait l’objet d’une attaque terroriste » dans la nuit de lundi à mardi, a indiqué l’armée malienne dans un communiqué daté du 13 octobre.

« Ils sont arrivés à moto, et à bord de véhicules, puis ont tiré sur le camp », précise Serge Daniel, correspondant de RFI au Mali. Un bilan provisoire fait état de « 9 morts et des blessés » dans ses rangs.

Puis, un renfort dépêché sur les lieux a « été victime d’une attaque » combinant l’explosion d’un engin improvisé et une embuscade « au pont de Parou dans la même localité » mardi, vers 8 h 30 (locales et GMT). L’armée dénombre « 3 morts, 10 blessés » et des disparus.

Douze personnes à bord d’un bus en route pour la foire hebdomadaire de Bankass et qui « suivait le renfort de l’armée » ont également péri dans cette deuxième attaque, selon une source policière. « Douze civils ont été tués dont deux femmes et un bébé », a affirmé de son côté Oumar Guindo, un représentant des jeunes basé à Bandiagara.

« Côté ennemi, neuf terroristes ont été abattus », a affirmé l’armée, ajoutant que « l’aviation militaire malienne est arrivée sur la zone du pont et a détruit deux véhicules » des assaillants.

« Tous ces bilans sont provisoires », a souligné l’armée, qui enregistre là ses plus lourdes pertes depuis le putsch qui a renversé le 18 août le président Ibrahim Boubacar Keïta.

Une « guerre de longue haleine »

Les attaques asymétriques contre l’armée ont fait 175 morts en six mois, selon les derniers rapports trimestriels de l’ONU. « L’ennemi est connu et le vaincre est possible », a déclaré vendredi le président de transition malien, Bah Ndaw, en référence aux groupes jihadistes.

« À défaut de gagner tout de suite cette guerre que je sais de longue haleine, nous devons remporter des victoires rassurantes », a-t-il ajouté à l’ouverture du premier Conseil des ministres du gouvernement de transition.

Les colonels qui ont renversé Ibrahim Boubacar Keïta se sont engagés à rendre le pouvoir à des dirigeants civils élus au terme d’une période de transition d’une durée maximale de 18 mois. Le président de transition et son vice-président, le chef de la junte, le colonel Assimi Goïta, ont prêté serment le 25 septembre. Deux jours après, Moctar Ouane, un ancien ministre des Affaires étrangères et diplomate de carrière, était chargé de former le gouvernement de transition, annoncé le 5 octobre.

Tourbillon de violences

La semaine dernière, au moins cinq habitants d’un village du centre du Mali, Farabougou, dans le secteur de Niono, avaient été tués par de présumés jihadistes assiégeant leur localité.

Ces violences faisaient suite à l’enlèvement le 6 octobre lors de la foire hebdomadaire du village d’une vingtaine de personnes, dont neuf étaient retenues depuis.

Le centre du Mali est pris dans un tourbillon de violences depuis l’apparition en 2015 dans cette région d’un groupe jihadiste mené par le prédicateur peul Amadou Koufa, qui a largement recruté au sein de sa communauté.

Les affrontements communautaires se sont alors multipliés entre les Peuls, majoritairement éleveurs, et les ethnies bambara et dogon pratiquant essentiellement l’agriculture, qui ont créé des groupes d’autodéfense, en s’appuyant notamment sur les chasseurs traditionnels dozos.

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